Premier matin

29 mai 2018

Sur tous les fronts

Dernièrement, j'ai suivi un congrès à Berlin où j'ai entendu certains participants qui parlaient des guerres. Non celles qui ont déjà eu lieu, mais celles qui feront probablement rage dans quelques années. Le sujet m'a intéressé, et d'autant plus que certaines convictions étaient en la matière pour le moins... curieuses. A en croire certains, ces guerres prendraient en effet la même forme que celles que nous avons traversés. Ces gens-là n'ont à l'évidence pas compris l'ADN même de la guerre, de par nature évolutif. La guerre n'arrête pas de changer de forme pour s'ajuster à chaque instant à la progression des moyens sécuritaires. La guerre de demain sera donc éminemment technologique, et prendra une dimension inétie très inquiétante. L'évolution qui est la plus effrayante reste à mon sens l'explosion du champ d'action des forces en présence. La prolifération d’armes individuelles, alliée aux technologies de l'information, va profondément augmenter pendant les prochaines années la menace que présente la guerre asymétrique. Les nouvelles technologies de communication comme les téléphones portables et le cryptage commercial participeront pleinement à ce processus : elles aideront les futures forces irrégulières à s’organiser et effectuer des opérations à l'échelle internationale. Et cette guerre irrégulière se retrouvera en dehors de la sphère « traditionnelle » de la guerre. Les formes de conflits s'appuyant sur l’économie et l'information seront, entre autres exemples, loin d'être secondaires. Les camps opposés s'engageront aussi inéluctablement dans des batailles médiatiques pour remporter la faveur de l’opinion publique (et internet deviendra en ce sens un véritable champ de bataille). De fait, il me semble que juguler l'expansion des conflits pour les limiter au simple champ de bataille est une tâche impossible. La seule multiplication des armes de destruction massive et la guerre cybernétique donneront à tous les protagonistes qui le souhaitent les moyens d'exporter leur guerre hors du champ de bataille « à l'ancienne ». Tout indique que cette guerre se fera sur tous les fronts, et au plus proche de nous. Si ce sujet a créé un certain malaise à table, ce congrès à Berlin m'a quand même bien plu. Je vous invite d'ailleurs à jeter un oeil au site de l'agence qui s'en est occupé, si vous voulez vous faire une idée des réjouissances auxquelles nous avons eu droit. Encore plus d'information sur ce séminaire entreprise en Allemagne en surfant sur le site web de l'organisateur.

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23 mai 2018

Les énergies renouvelables

Sources d’énergies contribuant à limiter les émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables (EnR) constituent, en France et dans le monde, l’un des leviers essentiels de transition vers un modèle énergétique décarboné. Disponibles naturellement sur tout le territoire, elles sont traditionnellement divisées en deux catégories, les EnR électriques produisant de l’électricité principalement à partir des énergies solaire, éolienne, hydraulique, géothermique et des bioénergies, et les EnR thermiques permettant la récupération (chaleur industrielle fatale) et la production de chaleur à partir des sols, de l’eau et de l’air (géothermie, pompes à chaleur), de la biomasse (bois énergie, méthanisation) et du soleil (solaire thermique). Plus de la moitié de l’énergie consommée en France l’est sous forme de chaleur (50,6 %), devant l’électricité (34,2 %) et les transports (13,2 %). La progression des capacités de production d’énergies renouvelables observée dans le monde au cours de la dernière décennie a été particulièrement rapide et constitue un changement profond et durable de l’équilibre énergétique mondial. Au sein de l’Union européenne, certains États membres assurent d’ailleurs à ce jour, grâce aux énergies renouvelables, une couverture significative de leurs besoins énergétiques. Si elle répond principalement à des impératifs énergétiques et climatiques, la pénétration des EnR dans les mix productifs nationaux génère aussi des externalités économiques importantes, principalement sur les marchés de l’emploi et sur la balance commerciale. La Commission européenne chiffre par exemple à un million le nombre d’actifs européens employés dans le secteur des énergies renouvelables. À l’échelle des États, le développement des EnR est générateur d’évolutions majeures, portant à la fois sur les choix de mix de production (en lien avec la compétitivité relative des moyens de production), l’équilibre des marchés de l’énergie (affectant les prix de marché et l’ouverture à la concurrence) et la stabilité des réseaux de transport et distribution (en lien avec les questions de stockage, de réseaux et compteurs intelligents, d’autoconsommation ou de mécanisme de capacité). La Cour des comptes s’attache à analyser globalement ces évolutions au travers de travaux, passés et à venir, consacrés au domaine de l’énergie. À la demande de la commission des finances du Sénat, le présent rapport analyse spécifiquement le pilotage de la politique de soutien au développement des énergies renouvelables. Le développement des EnR appelle en effet des modifications profondes des stratégies énergétiques nationales qui s’observent aujourd’hui dans de nombreux pays. Surtout, le développement des capacités d’énergies renouvelables nécessite encore une mobilisation financière importante destinée à compenser les écarts de compétitivité observés entre les solutions renouvelables et les solutions conventionnelles. Face ces bouleversements, les États disposent de leviers divers tant dans la fixation de leurs objectifs (niveau global d’ambitions, calendrier, rythme de la trajectoire, équilibre retenu entre les EnR thermiques et électriques, variété des filières soutenues) que des moyens pour y parvenir (arbitrage entre taxation, réglementation et/ou soutien par des subventions ou avantages fiscaux, etc.). Bien que caractérisée par un mix électrique très peu carboné, la France a fait du développement des EnR un pilier de sa stratégie énergétique et climatique. Alors que la part des EnR dans la consommation finale brute d’énergie atteignait fin 2016 15,7 %, la France souhaite désormais porter cette part à 23 % en 2020 et 32 % en 2030. Cette ambition nécessitera une mobilisation massive d’un grand nombre de filières d’énergies renouvelables nationales associée à des moyens publics conséquents pour assurer leur développement. Les retombées économiques potentielles de ce bouleversement sont toutefois nombreuses, notamment sur l’emploi et la balance commerciale.

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27 mars 2018

La contemplation

Habituellement, les moyens de transport ont pour objectif de conduire à un endroit. Cependant, il existe des exceptions. Il en existe en effet certains dont l'intérêt majeur se trouve être la balade elle-même. Et dernièrement, j'ai testé le plus magique qu'on puisse imaginer : j'ai effectué un vol en montgolfière près de Reims. Clairement, si vous êtes un indécrottable matérialiste, ce n'est pas une expérience pour vous. C'est en effet un moyen de locomotion tout à fait risible, si l'on reste dans l'idée qu'un moyen de transport doit conduire à un endroit précis. La liste de ses défauts est incroyable : il faut se lever à cinq heures du matin pour embarquer ; le vol est souvent reporté si la météo n'est pas parfaite ; tout ce qu'on peut choisir, c'est la hauteur à laquelle voler ; pour la direction, c'est le vent qui décide... Pour une personne qui veut garder le contrôle, cet appareil n'a tout simplement pas le moindre sens ! Ceci dit, son intérêt est ailleurs ; et à partir du moment où on accepte de lâcher prise, c'est tout simplement sublime : on peut alors profiter du panorama, d'autant que la lenteur de l'appareil permet de profiter de chaque détail. C'est une expérience d'autant plus savoureuse que c'est un truc que nous oublions de faire, au quotidien : nous ne prenons pas le temps de nous poser, de nous laisser porter. A partir du moment où on prend place dans une montgolfière, en revanche, on n'est plus maître de rien : on est donc fortement incité à s'appuyer au bastingage et à admirer. A bord, c'est le silence ; chacun donne l'impression de rêver. On scrute l'animation humaine loin en dessous : avec l'altitude, elle ressemble à une fourmilière. C'est tellement divin que le temps passe à notre insu. Et dès qu'on atterrit au bout d'une heure de vol, on est pris de nostalgie : on serait bien resté là-haut une heure ou deux de plus... Bref, je crois que vous l'aurez compris : je n'oublierai pas cette expérience avant longtemps ! Voici le site auquel j'ai fait appel, si l'aventure vous tente. Retrouvez toutes les infos sur cette activité de baptême en montgolfière à Reims en suivant le lien.

montgolfiere (11)

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21 mars 2018

Financer son BFR de rebond

La croissance entraîne une hausse du besoin en fonds de roulement (BFR) qui doit être financé pour éviter les impasses de trésorerie. L ors d’un retournement conjoncturel, l’activité d’une entreprise peut rebondir rapidement augmentant de façon immédiate ses dépenses (approvisionnement en matières premières, fabrication et stockage de produits finis, transport…) bien avant d’être payée. L’entreprise doit financer l’augmentation de son activité mais sa banque peut se montrer réticente devant une demande de financement urgente et disproportionnée par rapport à ses demandes habituelles. D’autant plus si à cela se rajoutent d’autres facteurs : La demande de financement survient suite à une période difficile vécue par l’entreprise, qui a vu son chiffre d’affaires, son résultat et ses fonds propres se réduire. La demande de financement n’est adossée à aucun compte de résultat récent démontrant sa capacité à absorber le sursaut de production et à en tirer bénéfice pour pouvoir notamment rembourser un prêt. Le client de l’entreprise est prêt à signer mais exige des garanties telles qu’une caution de bonne fin ou de restitution d’acompte. Sans certitude sur la solvabilité de l’entreprise, la banque pourrait hésiter et la commande serait perdue. La diffusion de certaines pratiques pourrait éviter de telles désillusions. Il est notamment important que les chefs d’entreprise informent leur banquier de leurs projets de prise de commande importante, voire de rebond plus global, dès qu’ils sentent un « frémissement ». Dire le plus en amont possible à son banquier ce que l’on négocie, avec qui, et pour quel investissement supplémentaire paraît un minimum. Dans certains cas, il pourrait être utile d’obtenir un accord de principe du banquier soumis à quelques conditions que l’entreprise pourrait alors négocier sereinement avec son acheteur potentiel. Tous ceux qui accompagnent les dirigeants d’entreprise, notamment les organisations professionnelles et les réseaux consulaires, ont un rôle essentiel d’information et de prévention à jouer en ce sens. Dans un moment de reprise, il faut savoir qu’il existe des instruments pour financer le BFR. À cet égard, le poste client est de plus en plus utilisé, via la mobilisation des créances commerciales, et en particulier l’affacturage. En revanche, les stocks de l’entreprise ne sont aujourd’hui en France que très peu mobilisés en garantie, à la différence de l’Allemagne ou des États-Unis. Une offre bancaire bien plus large de produits de financement sur stocks offrirait aux entreprises en phase de rebond un moyen précieux pour financer leur besoin de trésorerie. Si les crédits de trésorerie peuvent réagir avec un certain retard au rebond de l’activité, des actions de prévention et des outils de financement peuvent permettre de contenir ce décalage.

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12 mars 2018

Des élections pour la forme

C'est amusant, de voir comme les dictatures connaissent un regain de vigueur, ces derniers temps. En Russie, Vladimir Poutine s'apprête à se faire réélire pour la forme, puisqu'il est le seul candidat en lice. En Chine, Xi Jinping vient de faire passer un changement constitutionnel qui lui permet d'être réélu à vie. Et étant donné la façon dont il a verrouillé le système au préalalbe, il est désormais totalement indéboulonnable. Les efforts qu'avait fait la Chine ces dernières années en matière de démocratie ont disparu d'un simple coup de baguette magique, faisant replonger le pays vingt ans en arrière. 

Cela dit, il n'y a pas besoin d'aller aussi loin pour voir des réélections de pure forme. Pas plus tard qu'hier, Marine Le Pen s'est faite réélire à la tête de son parti d'extrême-droite. Là aussi, elle était la seule candidate possible, étant donné qu'elle avait pris soin de faire en sorte que personne ne puisse se présenter contre elle (en ne prévenant pas les membres du parti à l'avance, en restreignant les conditions d'accès à l'élection, en faisant pression sur les dissidents, etc). Amusant de la part de Marine Le Pen, elle qui a tellement critiqué l'élection mono-candidate d'Edouard Philippe quelques semaines auparavant. Décidément, les élections de pure forme ont le vent en poupe. Si vous vous demandez quelle est cette chose ridicule qui rétrécit à vue d'oeil dans le rétro, c'est tout simple : c'est la démocratie...

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