La croissance entraîne une hausse du besoin en fonds de roulement (BFR) qui doit être financé pour éviter les impasses de trésorerie. L ors d’un retournement conjoncturel, l’activité d’une entreprise peut rebondir rapidement augmentant de façon immédiate ses dépenses (approvisionnement en matières premières, fabrication et stockage de produits finis, transport…) bien avant d’être payée. L’entreprise doit financer l’augmentation de son activité mais sa banque peut se montrer réticente devant une demande de financement urgente et disproportionnée par rapport à ses demandes habituelles. D’autant plus si à cela se rajoutent d’autres facteurs : La demande de financement survient suite à une période difficile vécue par l’entreprise, qui a vu son chiffre d’affaires, son résultat et ses fonds propres se réduire. La demande de financement n’est adossée à aucun compte de résultat récent démontrant sa capacité à absorber le sursaut de production et à en tirer bénéfice pour pouvoir notamment rembourser un prêt. Le client de l’entreprise est prêt à signer mais exige des garanties telles qu’une caution de bonne fin ou de restitution d’acompte. Sans certitude sur la solvabilité de l’entreprise, la banque pourrait hésiter et la commande serait perdue. La diffusion de certaines pratiques pourrait éviter de telles désillusions. Il est notamment important que les chefs d’entreprise informent leur banquier de leurs projets de prise de commande importante, voire de rebond plus global, dès qu’ils sentent un « frémissement ». Dire le plus en amont possible à son banquier ce que l’on négocie, avec qui, et pour quel investissement supplémentaire paraît un minimum. Dans certains cas, il pourrait être utile d’obtenir un accord de principe du banquier soumis à quelques conditions que l’entreprise pourrait alors négocier sereinement avec son acheteur potentiel. Tous ceux qui accompagnent les dirigeants d’entreprise, notamment les organisations professionnelles et les réseaux consulaires, ont un rôle essentiel d’information et de prévention à jouer en ce sens. Dans un moment de reprise, il faut savoir qu’il existe des instruments pour financer le BFR. À cet égard, le poste client est de plus en plus utilisé, via la mobilisation des créances commerciales, et en particulier l’affacturage. En revanche, les stocks de l’entreprise ne sont aujourd’hui en France que très peu mobilisés en garantie, à la différence de l’Allemagne ou des États-Unis. Une offre bancaire bien plus large de produits de financement sur stocks offrirait aux entreprises en phase de rebond un moyen précieux pour financer leur besoin de trésorerie. Si les crédits de trésorerie peuvent réagir avec un certain retard au rebond de l’activité, des actions de prévention et des outils de financement peuvent permettre de contenir ce décalage.